07 janvier 2016 - 14:30 |

La recherche cacao en Côte d'Ivoire salue l'arrivée prochaine de l'ICCO à Abidjan

Pour Hyacinthe Legnate, chef du  Programme de recherche café-cacao au Centre national de recherche agronomique (CNRA) en Côte d'Ivoire, le déménagement de l'Organisation internationale du cacao (ICCO) de Londres, où le siège se trouve depuis sa création en 1973, à Abidjan d'ici mars 2016, devrait permettre à la Côte d'Ivoire de jouer pleinement son rôle dans la recherche cacaoyère dont elle est le premier producteur mondial.

Quelle incidence le déménagement de l'ICCO à Abidjan aura-t-il pour vous, dans votre travail de chercheur ?

Au plan politique, c'est d'abord une reconnaissance de l'importance et du mérite de la Côte d'Ivoire qui représente tout de même environ 40% de la production mondiale de cacao.

Au niveau de l'incidence sur les activités notamment de recherche, cela permettra un contact beaucoup plus rapproché, ce qui devrait booster pour certains projets ces activités de recherche. Aujourd'hui, les thématiques abordées sont d'importance internationale et la Côte d'Ivoire voudrait jouer pleinement son rôle dans la recherche cacaoyère.

L'ICCO vous soutient-elle dans votre activité de recherche ?

Oui, de nombreux projets sont aujourd'hui soutenus par l'ICCO. Par exemple, des projets relevant de la gestion du matériel végétal, notamment la gestion des ressources génétiques, la gestion des grandes pandémies concernant la cacaoculture à travers le monde. Il existe de nombreuses maladies dans la cacaoculture mais qui ne se retrouvent pas partout. Donc il faut pouvoir mener des activités visant à tester le potentiel du matériel végétal dans différentes situations de pression de maladies. Et justement, l'ICCO nous soutiendra dans ce cadre.

Sur quels thématiques travaillez-vous actuellement avec vos collègues d'Afrique de l'Ouest?

Nous collaborons beaucoup entre les différents centres de recherches.  Actuellement, en Côte d'Ivoire, il existe de gros problèmes liés à la maladie du swollen shoot  dans la cacaoculture. D'autres pays avant nous ont connu ce fléau , comme le Ghana ou encore le Togo et, par conséquent, les contacts sont nombreux entre chercheurs pour gérer cette pandémie. Mais il y a aussi d'autres thèmes notamment l'amélioration et la sélection du matériel végétal  qui sont des objectifs phares dans tous les programmes de recherche. 

Car les rendements restent faibles…

Oui, les rendements restent faibles. Mais, outre la question des rendements, il faut pouvoir améliorer toutes les qualités technologiques. Pour le cacao, il s'agit de la grosseur des fèves, de leur teneur  en beurre, etc. Toutes ces thématiques entrent en ligne de compte comme critères de sélection pour améliorer le matériel végétal.

 

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