10 mars 2016 - 00:30 |

La formation professionnelle agricole en Côte d'Ivoire prend un tournant

La formation agricole amorce un virage en Côte d'Ivoire ! En est pour preuve la présence d'Onagna Berthe, directeur général de l'Institut national de la formation professionnelle agricole (INFPA), au Salon international de l'agriculture (SIA) qui s'est tenu la semaine dernière à Paris.

Le patron de l'institut public ivoirien de formation devait, en effet, signé une convention avec le ministère français de l'Agriculture, plus précisément avec son Bureau des relations européennes et de la coopération internationale (BRECI) qui dépend de la Direction générale de l'enseignement et de la recherche du ministère français.

A la clé, l'ouverture au sein de l'INFPA d'une filière  dédiée à l'agroalimentaire, afin de former de vrais exploitants agricoles et agroindustriels, et non des fonctionnaires....

"L'INFPA a été créé en 1997 pour former des techniciens et des techniciens supérieurs à l'agriculture, c'est-à-dire aux productions végétale, animale, halieutique, à la foresterie et l'environnement, mais aussi offrir des formations qualifiantes aux exploitants installés", a expliqué Onagna Berthe à CommodAfrica. "Mais avec la charge de nos activités, nous n'avons pu, en réalité, faire que la formation diplômante et non la formation qualifiante. Et, il faut bien constater que nos diplômés se sont ensuite destinés à la fonction publique et non à l'exploitation agricole."

"Aujourd'hui, nous avons opéré une rupture totale dans l'orientation de la formation car nous avons décidé, dorénavant, de former des techniciens producteurs", poursuit-il. "Cette année, nous avons décidé de créer une filière agroalimentaire spécialisée, destinée à accompagner le volet important dédié à la transformation des produits agricoles  du Programme national d'investissement agricole."

L'accord avec la BRECI porte sur des référentiels de formation, c'est-à-dire les programmes, les contenus de formation mais aussi les équipements "car on ne peut pas faire une formation agroalimentaire simplement à partir de la théorie. La formation doit s'accompagner de la pratique et la pratique nécessite de l'équipement que nous n'avons pas."

Une bonne formation agricole, c'est un chômage zéro

L'INFPA est un établissement qui compte 1 600 à 2 000 étudiants, délivrant un BTS et un brevet technique. Le concours de recrutement est très sélectif avec 20 000 à 25 000 candidats pour 600 à 800 places. "C'est dire que les gens sont très intéressés. Car une bonne formation agricole, c'est un chômage zéro", précise le directeur.

En outre, l'Institut a introduit un nouveau critère au niveau du concours de recrutement, favorisant ceux qui ont un projet professionnel agricole, "ceux qui ont des exploitations, qui veulent assurer la relève des plantations de leurs parents ou qui ont une parcelle qu'ils veulent mettent en valeur. La Côte d'Ivoire étant un pays agricole, il est très rare de voir des étudiants qui ne sont pas issus de familles paysannes", rappelle-t-il.

Ceci dit, l'INFPA tente de sensibiliser les pouvoirs publics à l'importance pour les jeunes  de disposer de fonds d'appui à leur installation afin de les aider à s'équiper "pour changer véritablement notre mode de production agricole."

Des étudiants qui sont tous internes à l'INFPA "car la formation agricole ne peut pas s'accommoder d'une formation externe", poursuit-il. L'Etat prend en charge la restauration de 500 étudiants (250 par promotion) par an, les parents des autres élèves devant s'acquitter de cette charge mais nulle autre puisque toutes les autres charges sont prises en charge par l'Etat.

L'Institut regroupe toutes les écoles publiques dédiées à la formation agricole. "Depuis 5 ans, nous constatons l'émergence d'écoles agricoles privées. Ce qui est une bonne chose car notre propre capacité d'accueil n'est pas suffisante, alors que les besoins en formation agricole s'avèrent chaque jour très importante."

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