30 mai 2022 - 18:12 |

La BAD rappelle aux bailleurs leurs engagements pour l'adaptation climatique en Afrique

Les assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), qui se sont déroulées sur toute la semaine dernière à Accra, avaient pour thème « Favoriser la résilience climatique et une transition énergétique juste pour l’Afrique ». La sécurité alimentaire et donc l’agriculture étaient ainsi au coeur des débats.

« Je suis optimiste. L’Afrique ne connaîtra pas de crise alimentaire. Nous avons les moyens de surmonter ce défi ! », a lancé le président de la BAD, Akinwumi Adesina. « L’Afrique a seulement besoin de produire ses propres denrées. Elle ne doit pas supplier pour avoir de la nourriture. Il n’y a pas de dignité dans la mendicité », a-t-il rappelé.

Le 20 mai le conseil d’administration de la Banque a adopté la création de la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence de $ 1,5 milliard pour faire face à la crise qui guette l’Afrique du fait de la guerre russo-ukrainienne (lire nos informations : Face à la crise alimentaire, retour en grâce de l’agriculture en Afrique). La facilité va fournir des semences de blé, maïs, riz et soja à 20 millions d’agriculteurs avec pour objectif de produire 38 millions de tonnes (Mt) de nourriture supplémentaire et de générer $ 12 milliards pour les deux prochaines années. « Dans l’agriculture, nous savons ce que nous faisons. L’Afrique doit être une solution pour le monde en matière alimentaire et elle le sera. Il y a 65% de terres arables en Afrique et ce que l’Afrique en fera, déterminera l’avenir de la planète entière », a souligné le président Adesina.

L’autre défi à surmonter par le continent est le changement climatique qui occasionne $ 7 à $ 15 milliards de pertes par an et atteindrait $ 50 milliards d’ici à 2040 alors qu’elle n’émet que 3% des gaz à effet de serre. Il faudra donc $ 1,6 billion entre 2020 et 2030 pour lutter contre les effets du changement climatique en Afrique. Or, le continent ne reçoit que 3 % du total des financements climatiques mondiaux.

Pour aller de l’avant, le continent devrait transformer ses défis climatiques en opportunités pour créer des emplois verts pour les jeunes et les femmes. « Les emplois verts rapportent 70% de plus que les emplois polluants », a affirmé le sous-secrétaire adjoint américain au Trésor pour le Moyen-Orient et l'Afrique, Eric Meyer qui a rappelé que l'économie verte génère $ 13 milliards de revenus pour les États-Unis et crée 9,5 millions d'emplois à temps plein. Ceci dit, le président Adesina a rappelé à ses partenaires les engagements pris à cette fin. « Nous sommes engagés à investir $ 25 milliards pour l’adaptation en Afrique. Mais nos efforts seuls ne suffisent pas. À la COP15, à Copenhague, les pays développés ont promis $ 100 milliards par an. Ils doivent agir maintenant, il est temps ».

Vendredi, la BAD a lancé sa première Facilité africaine pour l’économie circulaire, un modèle de production et de consommation qui implique le partage, la location, la réutilisation, la réparation, la remise à neuf et le recyclage des matériaux et produits existants aussi longtemps que possible. La création de cette facilité avait été approuvée le 30 mars dernier. Le fonds d’affectation spéciale multi-donateurs fonctionnera sur une période de cinq ans. Il recevra un soutien initial de € 4 millions du gouvernement finlandais et du Fonds nordique de développement.

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