06 avril 2020 - 16:11 |

Le Covid-19 pourrait entrainer une hausse de la consommation de café Robusta, selon Rabobank

"Le Covid-19 a affecté le marché du café tant en termes de perspectives d'approvisionnement que de demande", souligne la banque néerlandaise Rabobank dans ses perspectives sur le marché du café au premier trimestre 2020. Tout d'abord, la demande en restauration extérieure a été terriblement impactée et on ne s'attend à un basculement significatif vers la demande en foyer que sur les marchés matures. Deuxièmement, la ruée vers l'achat de café par les consommateurs au moment des mesures de confinement (+50 à 60% dans les achats de café aux Etats-Unis entre les 7 et 21 mars) a eu un effet à court terme et a créé un inhabituel mouvement de backwardation sur les cours mondiaux, c'est-à-dire que les prix sur le rapproché sont supérieurs aux prix sur les échéances éloignées. Troisièmement, il existe des risques de disfonctionnements le long des chaines d'approvisionnement.  Si, grosso modo, les opérations portuaires dans les pays producteurs ont été plus ou moins normales, avec seulement quelques ralentissement, la menace de grève au port brésilien de Santos en mars a lourdement impacté les prix. Rabobank fait remarquer que le transport de marchandises au sein de l'UE se fait de plus en plus rapidement.

Côté offre, c'est surtout la pénurie de main d'œuvre qui risque d'impacter la récolte qui va bientôt démarrer au Brésil notamment : sa récolte court de fin mai à septembre. A priori, elle devrait se dérouler plutôt normalement car la demande en main d'oeuvre est forte et le gouvernement  n'applique pas un confinement strict. En revanche, en Inde, les migrants voulant travailler sur les plantations vont se heurter au problème du transport public qui actuellement ne fonctionne pas.

Quant aux prévisions chiffrées, s'agissant de la campagne 2019/20, Rabobank estime la production à 166,7 Ms, en hausse de 9 Ms par rapport à la dernière année basse du cycle biennal caféier et à 174,6 Ms la récolte 2020/21, en hausse de 3 Ms par rapport à la précédente année haute du cycle caféier. Rabobank maintient sa prévision de 67,5 millions de sacs (Ms) pour la récolte 2020/21 au Brésil. En revanche, elle révise à la baisse ses prévisions pour le Honduras qui seraient de 6,2 Ms.

S'agissant de la demande, Rabobank est lucide : toute estimation actuelle comprendra une grande marge d'erreur. La banque souligne que, contrairement à toute autre crise, le consommateur s'est rué dans les magasins pour faire des réserves. Ces achats frénétiques semblent avoir atteint leur pic en Europe et aux Etats-Unis.

Ceci dit, si le nombre de tasses consommées auparavant hors foyer se consomment maintenant à la maison, alors la demande globale en café pourrait augmenter car la méthode d'extraction à la maison est beaucoup moins efficiente qu'en restauration. Et si ce basculement vers la consommation en foyer devait persister, on enregistrerait une nette hausse de la demande mondiale de Robusta car, d'une part, la qualité consommée à la maison est en général inférieure à celle consommée hors-foyer, d'autre part, parce que la récession entrainera la consommateur à acheter des mélanges moins chers et donc contenant davantage de Robusta.

Et Rabobank de se risquer à faire une prévision de hausse de la consommation de café de 0,4% durant l'année calendaire 2020 contre 2,5% en 2019, soit un chiffre similaire à celui enregistré lors de la crise financière de 2008/09. Sur la base d'une année de campagne caféière, l'impact sera moins élevé car on pourrait s'attendre un redressement à partir de la fin 2020.

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