10 janvier 2018 - 17:30 |

La Chine abaisse ses taxes à l'exportation d'engrais NPK

Le gouvernement chinois a décidé de franchir une nouvelle étape dans sa bataille sur le marché de l'engrais. Le 18 décembre, il a annoncé supprimer sa taxe de 20% à l'exportation de NPK (azote/phosphore/potassium) pour imposer en 2018 un taux fixe de 100 yuans la tonne ($ 15/t), souligne la spécialiste Julia Campbell, d'Argusmedia qui vient de publier une note d'analyse sur la question. Rappelons que de 2014 à 2016, cette taxe était de 30%, un taux élevé qui devait freiner l'exportation de potassium du pays.

 

En l'absence de chiffres officiels, on estime à 45 millions de tonnes par an (Mt/an) la production chinoise de NPK, faisant du géant le premier producteur mondial de cet engrais complexe. L'industrie a lourdement investi dans la filière, ce qui a résulté en une progression de 40% de la capacité de production de NPK sur la période 2010-2015. Mais pour éviter la surchauffe et étant donné la baisse des revenus des agriculteurs chinois, Pékin a décidé en 2016 de mettre un coup d'arret à cette stratégie d'expansion. En outre, l'industrie était gênée par des coûts élevés et des possibilités limitées à l'export, d'où un intense lobbying pour une baisse des droits à l'export, demande qui a donc abouti.

 

Avec cette baisse des droits, la Chine devrait plus facilement exporter du NKP. Dans un premier temps, ses marchés cibles seront l'Asie du sud-est, les Philippines, le Vietnam, l'Indonésie ou encore la Malaisie. Une offensive pourrait être lancée sur l'Inde qui, jusqu'à maintenant, importait surtout son NPK de Russie.

A quand la bataille Chine / OCP ?

 

"Logistiquement, cela aurait du sens pour la Chine d'essayer de commencer à exporter du NPK vers l'Afrique, notamment vers l'Afrique de l'Est, bien que les marchés dans cette région soient davantage sur le NPS que le NPK", explique Julia Campbell à CommodAfrica. "En outre, l'OCP [Office chérifien des phosphates, Ndlr] a été incroyablement agressif ces deux dernières années pour gagner des parts de marché en Afrique. Ceci est surtout évident en Afrique de l'Ouest mais ils ont clairement l'intention d'étendre leur présence aussi en Afrique de l'Est, notamment en Ethiopie."

 

"Ainsi, la Chine va sans aucun doute faire face à une concurrence très sérieuse de la part de l'OCP si Pékin décide de le concurrencer en Afrique. Et l'OCP aurait l'avantage logistique."

 

C'est encore trop tôt pour se prononcer mais la spécialiste estime que, dans un premier temps, la Chine devrait plutôt se concentrer à gagner des parts de marchés dans les pays voisins que sont les pays d'Asie du sud-est avant de croiser le fer notamment avec l'OCP en Afrique.

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