10 mai 2019 - 15:11 |

La Chronique Matières premières agricoles au 9 mai 2019

Le rebondissement cette dernière semaine de la guerre commerciale sino-américaine (lire Rebondissement de la guerre commerciale USA/Chine : l'Afrique impactée) a été une catastrophe pour les marchés de matières premières, avec non seulement des prix en baisse pour de nombreux produits, mais aussi la perspective que la situation ne va pas s'arranger de si tôt. Sur les marchés financiers, les bourses européennes ont terminé dans le rouge hier soir car une nouvelle hausse des droits de douane américains prolongent l'incertitude sur la croissance et lsur a santé des entreprises dans le monde entier.

Ironie du sort, les négociations entre Washington et Pékin ont largement occulté la publication hier de chiffres mensuels du commerce extérieur des Etats-Unis qui font état, pourtant, d'une chute de 16,2% du déficit américain dans ses échanges avec la Chine sur le mois de mars, à $ 20,7 milliards. Un déficit au plus bas depuis cinq ans. Les exportations américaines vers la Chine ont bondi de 23,6% alors que les importations diminuaient de 6,1%.

Le dollar hier a perdu 0,31% face à un panier de monnaie, effaçant ainsi tous ses gains depuis le 1er mai. Face au yen, le dollar est au plus bas depuis trois mois, mais face au yuan chinois, le billet vert est au plus haut en quatre mois. La Chine qui vient d'enregistrer sa plus forte hausse des prix à la production depuis janvier. L'euro, quant à lui, est remonté hier face au dollar, à $ 1,1225 mais après un plus bas à $ 1,1171 en début de journée hier.

Quant au pétrole, les cours sont en nette baisse avec un WTI américain qui a perdu hier $ 1 le baril, à $ 61,40 tandis que el Brent est revenu sous les $ 60.

CACAO - CAFÉ - CAOUTCHOUC - COTON - HUILE DE PALME - RIZ - SUCRE

CACAO

Une semaine plutôt morose ! La tonne de cacao sur l'échéance juillet a terminé hier soir à Londres à £ 1 721, partie vendredi dernier de £ 1 765. Même tendance à New York où la fève a clôturé à $ 2 336 la tonne contre $ 2 379 en fin de semaine dernière. Dommage car la semaine dernière avait été la première en hausse depuis quatre semaines.

Les fondamentaux, quant à eux, sont stables, avec une offre et une demande qui progressent tous les deux cette campagne 2018/19 qui s'achèvera le 1er octobre prochain.

En Côte d'Ivoire, les arrivages demeurent toujours nettement plus élevés qu'à pareille époque la campagne dernière. Toutes les Cassandres qui avaient prédit un ralentissement durant la campagne intermédiaire se seraient donc trompées… Au 30 avril et depuis le 1er octobre, ces arrivages aux ports totalisent 1 833 603 t, a déclaré hier le Conseil du café cacao (CCC), en hausse de 15% par rapport aux 1 594 704 t sur la même période en 2017/18. Les exportateurs, quant à eux, ont donné des chiffres similaires, à 1,841 Mt contre 1,610 Mt.

Toujours en Côte d'Ivoire, entre le 1er octobre -démarrage de l'actuelle campagne, et la fin avril, les broyages ont grimpé à 315 000 t contre 295 000 t sur la même période la campagne dernière, a souligné hier l'association des exportateurs Gepex. Sur le seul mois d'avril, les broyages ont été de 47 000 t contre 41 000 t en avril 2018. Rappelons que la capacité installée en Côte d'Ivoire est de 712 000 t alors que les broyages n'avaient été que de 505 000 t la campagne dernière.

CAFÉ

Une semaine pour rien. Hier soir à Londres, la tonne de Robusta a clôturé au même niveau qu'il se trouvait vendredi dernier, à $ 1 345. Mais ce n'est pas pour autant que rien ne s'est passé durant ces quatre derniers jours de marché puisque mercredi, le contrat est tombé à son plus faible niveau depuis mars 2010, à $ 1 267. Côté Arabica, on retrouve, peu ou prou, la même situation avec une livre (lb) qui valait 90,85 cents hier soir à New York contre 90,60 cents vendredi dernier.

Sur les marchés asiatiques cette semaine, l'actualité internationale pèse. "Les préoccupations récentes quant à la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine ainsi que les fortes ventes du Brésil [en Robusta, Ndlr] ont pesé lourdement sur les cours mondiaux du Robusta", a expliqué à Reuters un trader basé dans les Central Highlands au Vietnam.

Dans cette région qui est la plus importante zone de production du n°1 mondial du Robusta, jusqu'à maintenant, les producteurs faisaient de la rétention en attendant que les cours remontent pour vendre. Maintenant, avec ce contexte politique mondial et avec cette récolte pléthorique en cours au Brésil, ils craignent que les cours ne s'enfoncent encore davantage. Ils veulent donc vendre leur produit physique.

Ainsi, cette semaine, les producteurs dans les Central Highlands ont accepté de vendre leur café à 29 000-29 800 dongs le kilo ($ 1,24-1,27) contre les 30 300-31 000 dongs proposés par les acheteurs la semaine dernière. A l'export, les traders ont vendu le Grade 2, 5% grains noirs et brisés, avec la mêle décote que la semaine dernière, de l'ordre de $ 45 la tonne par rapport à Londres. En revanche, l'Indonésie a bénéficié d'une prime sur Londres à la hausse par rapport à la semaine dernière, à $ 200-240 la tonne contre $ 170. Une hausse qui s'explique comme étant une compensation pour la baisse des cours sur le marché à terme de Londres. L'offre indonésienne commence à prendre son rythme de croisière avec la récolte dans le sud du pays qui s'intensifie.

Le Vietnam dont les exportations ont chuté de 16,7% en avril par rapport au mois précédent, à 143 296 t, selon les statistiques douanières. A noter que ce chiffre est légèrement supérieur aux 140 000 t estimées par le gouvernement fin avril qui avaient précisé que ceci avait généré $ 235 millions. De janvier à avril, les douanes font état de 631 946 t exportées, en baisse de 13,1% par rapport à début 2018, nuançant les chiffres donnés par le gouvernement qui étaient de 629 000, en baisse de 13,5% par rapport à début 2018. Pour les douanes, ces exportations sur les quatre mois ont généré $ 1,1 milliard, en chute de 22%, alors que le gouvernement avait avancé le chiffre de $ 1,09 milliard, en baisse de 22,6%.

En Colombie, 40 000 ha de caféiers ont été perdus au cours des 18 mois sur les 920 000 ha que comptent le pays en raison des faibles cours, a souligné mercredi le patron de la Fédération nationale des planteurs de café, Roberto Velez.

Côté entreprises, alors que le négociant mondial agricole Louis Dreyfus envisage de vendre une partie de ses activités afin de se renforcer sur d'autres segments et d'ouvrir le groupe familial à des actionnaires étrangers, il annonce aujourd'hui investir $ 50 millions dans la chaine chinoise de café Ruixing Coffee dont le siège est à Pékin.

Toujours dans l'actualité des entreprises, Nespresso, filiale de Nestlé, lance un programme 'Reviving Origins", soit 10 millions de francs suisses sur 5 ans afin de redévelopper des caféiers menacées dans certaines régions. Ce lancement est en parallèle avec une autre initiative du groupe qui lance deux cafés d'origine de l'Est du Zimbabwe et de Caqueta en Colombie, des cafés méconnus qui étaient en voie de disparition. Nous reviendrons sur cette information dans nos colonnes.

CAOUTCHOUC

Nouvelle chute sur le marché du caoutchouc. Et quelle chute ! Après une longue période de fermeture du Tokyo Commodity Exchange (du 28 avril au 6 mai) la reprise a été de courte durée mardi, les cours perdant plus de 6 yens par kilo en deux jours pour clôturer jeudi à 184,1 yens ($1,677) le kilo sur le Tocom et à 11 790 yuans ($1 731,05) la tonne à Shanghai. La cause ? L’intensification des tensions entre la Chine et les Etats-Unis avec la l’entrée en vigueur ce jour de la hausse des droits de douane sur $200 milliards de produits chinois décrétée par Donald Trump à la reprise des négociations démarrées hier.

En Inde, la production de caoutchouc naturel a chuté de 7,5% à 642 000 tonnes en 2018/19, un plus bas de ces dernières années à l’exception de 2015/16 où la production s’était élevée à 562 000 tonnes, selon les statistiques du Rubber Board. Il y a près de dix ans, elle oscillait autour de 900 000 tonnes. Les fortes pluies et inondations, en particulier dans le Kerala, ainsi que les prix bas, qui ont toutefois commencé à se redresser à partir de janvier, sont les principales raisons de cette baisse en 2018/19. En revanche, la consommation est dynamique, en hausse de 9%, à 1,212 million de tonnes (Mt). Face à l’important déficit de l’offre, les importations de caoutchouc naturel ont grimpé de 24% pour toucher un nouveau sommet à 582 351 tonnes.

En Chine, dans la principale région de production de caoutchouc, la province du Yunnan, un plan a été adopté pour développer la production de caoutchouc naturel et la porter à 600 000 tonnes par an à l’horizon 2020. A la fin de 2017, elle s’établissait à 438 000 tonnes sur une superficie de 570 000 hectares, représentant près de 54% de la production nationale de caoutchouc.

COTON

C’est aussi la dégringolade sur le marché du coton qui a perdu plus de 5 cents la livre depuis vendredi dernier pour clôturer jeudi à 70, 23 cents la livre avec la même cause, l’escalade des tensions entre le premier consommateur mondial de coton, la Chine, et le premier exportateur mondial, les Etats-Unis. Les cours s’étaient déjà contractés de 2,8% la semaine dernière.

Alors que le rapport sur l’offre et la demande mondiale des produits agricoles (WASDE) du département américain de l’Agriculture (USDA) doit être publié ce jour, les analystes interrogés par Bloomberg table sur une forte hausse de la production américaine de coton en 2019/20. Elle passerait de 18,4 millions de balles à 21,8 millions, soit la plus importante en 14 ans.

Dans son rapport mensuel, le Comité consultatif international du coton (ICAC), tout en soulignant que les Etats-Unis demeureront le premier exportateur mondial de coton en 2018/19, observe que la hausse des tarifs douaniers de la Chine (+25% sur le coton américain en vigueur depuis juillet 2018) a conduit à une baisse des exportations américaines vers Pékin, premier consommateur mondial avec 8,5 millions de tonnes. Une baisse qui a profité en particulier à l’Australie et au Brésil. Ainsi, observe l’ICAC, l'Australie, qui a expédié 280 000 tonnes en Chine lors de la campagne 2017/18, a déjà dépassé les 440 000 tonnes jusqu'en mars 2019. De même, le Brésil - qui en a expédié 82 000 tonnes en 2017/18 - a déjà exporté 380 000 tonnes vers la Chine jusqu'en mars 2019. L'Inde, le Bénin, le Soudan, la Grèce, le Cameroun, le Burkina Faso et le Mali ont également accru leurs exportations vers la Chine.

Dans un certain climat de morosité, la perspective d’un doublement des importations de coton de l’Inde en 2018/19 par rapport à la campagne précédente est encourageante. Elles pourraient atteindre un record de 3,1 millions de balles, ce qui pourrait contribuer à soutenir les prix et offrir des opportunités à ces concurrents comme les Etats-Unis, le Brésil, l’Australie mais aussi l’Afrique pour fournir en coton les marchés asiatiques. Selon, la président de la Cotton Association of India (CAI), Atul Ganatra, « L'estimation de la récolte de coton pour la campagne est réduite de 600 000 balles à 31,5 millions de balles », tandis que les exportations baisseraient de 33,3% à 4,7 millions de balles. Avec une production, au plus bas depuis neuf années, les fabricants de textiles augmenteront leurs achats de coton à l’étranger.

En Côte d’Ivoire, le dynamisme de la filière coton est confirmée par l’USDA avec une production de fibre de coton qui passerait de 875 000 balles en 2018/19 (en hausse de près de 9% par rapport à 2017/18) à 925 000 balles en 2019/20 (voir nos informations). Un montant sensiblement identique à celui annoncé hier par le directeur général du Conseil coton-anacarde, Adama Coulibaly, estimant que la campagne 2018/19 s’achève à 458 752 tonnes, en hausse de 11,2% par rapport à 2017/18, la Côte d’Ivoire devenant ainsi le troisième pays producteur de coton d’Afrique, supplantant le Burkina Faso, derrière le Mali et le Bénin.

Le Nigeria a approuvé deux nouvelles variétés de coton génétiquement modifié par l'Institute of Agricultural Research à l'Université d'Ahmadu Bello en partenariat avec l'entreprise privée Mayco Nigeria, une mesure pour relancer la production de coton et plus largement son industrie textile (voir Le Nigeria au chevet de sa filière coton et textiles).

HUILE DE PALME

A l’instar de la plupart des marchés, l’huile de palme a été affectée par les inquiétudes sur la guerre sino-américaine. De 2 010 ringgits la tonne vendredi dernier, les cours de huile de palme ont clôturé jeudi sur la Bursia Malysia Derivatives Exchange à 2005 ringgits ($482,90) la tonne.

En Malaisie, le Malaysian Palm Oil Board (MPOB) doit publier aujourd’hui les statistiques pour le mois d’avril. Un sondage Reuters avait estimé que la production de la Malaisie en avril tomberait à 1,64 million de tonnes (Mt), en baisse de 1,9% par rapport à mars. Les stocks reculeraient également de 5% à 2,77 Mt.

La Malaisie a engagé une course contre la montre pour faire revenir l’Union européenne sur sa décision de se passer progressivement de l’huile de palme dans ses biocarburants. Teresa Kok, la ministre malaisienne des Industries primaires, a démarré lundi une tournée dans les capitales européennes pour faire pression et a promis que son gouvernement réagirait si l'Union européenne ne reculait pas. "Nous considérons cela comme une forme de guerre commerciale de la part de l'UE contre la Malaisie et l'Indonésie, en tant que pays producteurs d'huile de palme", ​​a-t-elle déclaré. Ajoutant que son pays envisagerait des rétorsions sur des produits européens, précisant qu’elle consulterait l'Indonésie avant de déterminer quelle action pourrait être lancée à l'OMC.

RIZ

Pour la cinquième semaine consécutive, les prix à l’exportation du riz en Inde ont reculé sous la pression de la faiblesse de la demande et de la monnaie nationale, tandis que les négociants vietnamiens recherchaient des contrats potentiels de la Chine et de l'Égypte.

En Inde, les prix du riz étuvé 5% ont reculé à $371-$374 la tonne contre $373-$376 la semaine dernière. Avec la baisse continue des prix, les acheteurs retardent leurs achats dans l’attende de nouvelles baisses des prix tandis que les ventes agressives des vieux stocks de la Chine aux acheteurs africains pèsent aussi sur les prix, soulignent les négociants.

Au Vietnam, les prix du Viet 5% sont inchangés à  $365 la tonne. Le Vietnam est à la recherche de nouveaux contrats, une délégation d'importateurs de riz chinois devait se rendre dans les provinces du delta du Mékong pour explorer les possibilités d'accords tandis que l’Égypte cherche à acheter au moins 20 000 tonnes de brisures de riz à 10-12% pour une livraison entre le 25 juillet et le 20 août, a indiqué une source du ministère vietnamien de l’Industrie et du commerce.

Les exportations de riz vietnamien en avril sont restées inchangées par rapport à mars à 693 000 tonnes selon les données douanières. Sur les quatre premiers mois de l’année (janvier à avril), elles chutent de 5, 1% par rapport à la même période en 2018 pour atteindre 2,1 millions de tonnes.

En Thaïlande, les prix du Thaï 5% sont aussi quasi stables cette semaine à $385 -$400 la tonne contre $385-$402 la semaine dernière. Alors que la demande est restée stable, les négociants estiment que les prix pourraient augmenter en raison d'une sécheresse anticipée qui affecterait potentiellement la production tant en qualité qu’en volume.

Le Bangladesh a reporté sa décision de lever son interdiction de longue date sur les exportations de riz jusqu'à l'achèvement de la récolte de riz d'été. Le cyclone Fani a partiellement endommagé la récolte semée en été (Boro) sur 55 600 hectares de terres, a déclaré Mir Nurul Alam, chef du département de la vulgarisation agricole du pays, à Reuters. Les agriculteurs des zones côtières du Bangladesh ont reçu pour instruction de récolter leurs rizières avant que le cyclone ne touche le sol, ce qui a permis de minimiser les pertes, a-t-il précisé.

Les exportations de riz du Cambodge vers la Chine ont explosé après que l'Union européenne (UE) ait imposé des droits de douane sur les importations de céréales en provenance de ce pays d'Asie du Sud-Est (voir L’Union européenne protège ses riziculteurs), a annoncé lundi la Banque mondiale. En janvier, l’UE a imposé des droits de douane pendant trois ans sur le riz cambodgien et birman pour limiter l’augmentation des importations en provenance de ces deux pays et protéger les producteurs européens tels que l’Italie. Le Cambodge a formé un recours devant la Cour de justice des Communautés européennes contre cette obligation, affirmant que la mesure dite de "sauvegarde" ne concernait aucun comportement injuste et reposait sur de larges généralisations et une utilisation erronée des données.

Après l’imposition des droits de douane, les exportations de riz blanchi du Cambodge vers l’UE en février n’atteignaient plus que 10 080 tonnes, soit une baisse de 57,8% par rapport au mois précédent, indiquela Banque dans son actualisation économique. Le Cambodge a exporté 270 000 tonnes, soit 43% du total de ses exportations de riz blanchi vers l'UE en 2018. "Dans l’ensemble, la baisse des exportations de riz du Cambodge vers l’UE a été plus que compensée par l’augmentation des exportations de riz du pays sur le marché chinois", a déclaré la Banque mondiale dans son rapport, avex une hausse de 45,6% des exportations de riz du Cambodge vers la Chine. 

SUCRE

Si, hier soir, le sucre roux a enregistré sa deuxième clôture positive sur cinq sessions à New York, redonnant espoir au marché, il demeurait tout de même en dessous de la barre des 12 cents, à 11,78 cents contre 12,01 cents vendredi dernier. Mercredi, il est tombé à 11,64 cents, son plus faible prix depuis octobre 2018, à Il avait déjà perdu 5% la semaine dernière. Quant au sucre blanc coté à Londres, il a clôturé hier soir à $ 324,70 la tonne contre $ 327,40 vendredi dernier.

Les stocks de sucre qui ne cessent de grossir en Inde continuent de peser sur le marché. Mais on reste confiant car les marchés sont toujours cycliques. Ces prix du sucre qui sont, grosso modo, au plus bas depuis une dizaine d'année incitent les producteurs à se détourner de la canne pour investir dans d'autres cultures. Ceci conduit le spécialiste mondial FO Licht a estimé que la campagne prochaine 2019/20 sera déficitaire, de l'ordre de 1,7 Mt alors que l'actuelle devrait être excédentaire de 0,4 Mt, a-t-il indiqué mercredi.

En effet, au Brésil, la production de sucre devrait rester faible, les raffineurs préférant consacrer une grande partie de la canne à la production d'éthanol qui a un meilleur rendement financier : seulement 37% de la canne irait à la production de sucre en 2019/20 contre 35% cette campagne, ce qui a été un des ratios les plus bas que le Brésil ait connu. "La production de sucre dans le Centre-Sud du Brésil ne devrait augmenter que légèrement après s'être effondrée en 2018/19", a déclaré Stefan Uhlenbrock de chez Licht : les raffineurs avaient alors réduit la production de sucre de près de 10 Mt. "Les prix devront remonter au-dessus des 13 cents la livre à New York pour que les raffineries au Brésil se mettent à produire plus de sucre", poursuit le spécialiste. Rappelons que mercredi, ils étaient à 11,65 cents.

En Thaïlande, la production baisserait des 14,6 Mt attendues pour cette campagne à 12,7 la prochaine, estime l'analyste, et en Inde, de 29,4 Mt à 33 Mt en 2019/20. Pour l'analyste chez FO Licht, la production mondiale baisserait de 1,2 Mt à 185,1 Mt la campagne prochaine. Mais ce n'est pas pour autant que les prix du sucre devraient se redresser à court terme car les stocks très abondants en Inde continuent de peser sur le marché.

Publicité

Votre publicité sur notre site

En savoir +