12 juillet 2019 - 15:53 |

La Chronique Matières premières agricoles au 11 juillet 2019

On demeure inquiet sur les marchés mondiaux en raison des dossiers brulants liés au commerce. Mais les banques centrales suscitent l'espoir avec la perspective de politiques accommodantes. Les investisseurs sont persuadés que la Réserve fédérale américaine baissera ses taux à la fin du mois, tandis que côté Europe, les responsables de la Banque centrale s'étaient mis d'accord fin juin pour apporter un soutien supplémentaire à l'économie de la zone euro.

Côté monnaies, l'euro a terminé hier en légère hausse face au dollar à € 1,126. Quant au pétrole, leurs cours ont été soutenus ces derniers jours par la tempête dans le golfe du Mexique qui perturbe la production et des tensions persistantes liées à l'Iran. Le baril de Brent était hier soir au plus haut en six semaines, à $ 67 et le WTI américain à $ 60,70, proche de son plus haut en un mois et demi.

 

CACAO - CAFÉ -CAOUTCHOUC - COTON -HUILE DE PALME - RIZ- SUCRE

CACAO

Belle progression encore du cacao cette semaine, avec la tonne de fèves qui a terminé à £ 1 854 hier soir contre £ 1 839 vendredi dernier sur le marché à terme de Londres. A New York, la tonne a clôturé à $ 2 491 partie de $ 2 463 en fin de semaine dernière.

Un marché qui continue d'être dopé par l'agitation ouest-africaine depuis plus d'un mois maintenant autour de la fixation d'un nouveau prix minimum garanti au planteur pour la campagne 2010/21.

Et les choses bougent, voire se brouillent. On évoluerait vers la fixation d'un "différentiel de revenu de subsistance"de $ 400 la tonne qui s'ajouterait à tous les contrats cacao, plutôt qu'un prix garanti minimum de $ 2 600 la tonne FOB, a annoncé mercredi le directeur général du Conseil du café cacao (CCC), Yves Koné Brahima, qui s'entretenait avec les représentants des organisations des producteurs. Ceci permettrait de mieux lutter contre la pauvreté qui prédomine dans la filière, comme vient encore de le souligner un rapport de la Banque mondiale (lire L'agriculture et le cacao sont en crise en Côte d'Ivoire, selon la Banque mondiale).

Dans ce cadre, explique l'agence Reuters qui a vu la lettre officielle portant sur ce changement de cap, les fonds levés par ce différentiel ont pour objectif de pouvoir rémunérer les producteurs pour leur cacao afin qu'ils puissent percevoir 70% de l'objectif de prix FOB qui demeurerait de $ 2 600 la tonne. Si le prix de marché est supérieur aux $ 2 600, les recettes seront placées dans un fonds de stabilisation permettant d'assurer aux producteurs les 70% des $ 2600 FOB même lorsque le cours mondial est bas. Ces $ 400 s'ajouteraient à la prime habituelle pour le cacao ivoirien et ghanéen sur les marchés mondiaux, précisent les autorités. Notons que maintenant Mars, Hershey et, apparemment Cemoi, sont favorables à cette initiative de prix relevé aux planteurs.

Toujours en Côte d'Ivoire, l'association des exportateurs Gepex estime que les broyages locaux ont atteint 407 000 t à fin juin contre 379 000 t sur la même période l'année dernière.

Côté entreprises, le groupe suisse Barry Callebaut a annoncé hier une progression de 5,7% de son chiffre d'affaires durant les neuf premiers mois de l'exercice décalé 2018/19, soit de septembre à fin mai, et par rapport à la même période l'exercice précédent. Il atteint 5,48 milliards de francs suisses (€ 4,9 milliards). Ses volumes de ventes ont grimpé de 5% à 1,50 millions de tonnes (Mt), tous produits confondus. Pour la seule activité chocolat, la hausse a été de 5,9%, "une progression largement supérieure à celles du marché mondial des confiseries chocolatées". Cette évolution est largement au-dessus des attentes des analystes qui voyaient plutôt une progression de l'ordre de 3,7%. Une annonce qui a fait progressé de 1,4% l'action Barry Callebaut en bourse, à € 1802,45. L'activité dans le cacao de Global Cocoa a vu ses volumes croître de 2,2% à 345 144 t. Le chiffre d'affaires s'est accru de 8,8% à Fs 1,47 milliard (€ 1,3 milliard).

CAFÉ

Une semaine en berne pour le café avec l'Arabica qui termine hier soir à New York à $ 1,0695 la livre (lb) parti de $ 1,111 en fin de semaine dernière, tandis que le Robusta baissait à $ 1 427 la tonne contre $ 1 444. Alors, certes, la comparaison est rude car vendredi dernier, le café avait atteint un pic sur fond de craintes de gelées au Brésil durant le week-end : il a grimpé à son niveau de prix le plus élevé en sept mois, les Brésiliens en profitant pour vendre d'importants volumes sur le marché. En réalité, les gelées ont été mineures et le marché est redescendu. Et le reste de la semaine a aussi été en mode yo-yo. Hier, les cours étaient plus élevés que mercredi, poussés par un réal, la monnaie brésilienne, qui a fortement grimpé face au dollar, réduisant la compétitivité du grain brésilien et donc les volumes mis sur le marché par le n°1 mondial du café.

Mais sur l'ensemble de la période sous revue, le café est bel et bien en berne. Une tendance qui s'est reflétée, bien entendu, sur les marchés asiatiques où les volumes de transactions sont, globalement très faibles, voire quasiment inexistantes : on attend maintenant la prochaine campagne qui démarrera début octobre. Ceci dit, les planteurs dans les Central Highlands du Vietnam ont vendu leur café à 34500-35000 dongs ($ 1,49-1,51) le kilo contre 35000 dongs la semaine dernière. Le négoce vietnamien a proposé du Grade 2, 5% brisures et grains noirs, avec une prime de $ 90 par rapport au contrat de septembre à Londres.

Quant à l'Indonésie, le Grade 4, 80 défauts, a été offert cette semaine avec une prime allant de $ 150 à $ 200 la tonne par rapport au contrat sur septembre à Londres ; elle était à $ 180 la semaine dernière. La récolte monte en puissance à Sumatra mais la demande n'a pas encore pris son envol.

Cette semaine s'est tenu au Brésil le 2ème Forum global des producteurs de café. L'occasion pour la Colombie d'inviter les pays producteurs à former une association afin d'avoir plus de poids sur les marchés mondiaux. Une idée qui ne trouve guère d'écho favorable de la part du Brésil qui se souvient de l'échec de l'Accord international sur le café dans les années 80, et donc qui aurait peu de chance, a priori, d'aboutir. De son côté, l'économiste à Columbia University, Jeffrey Sachs, a présenté une étude sur la situation des caféiculteurs au plan mondial, suggérant la création d'un fonds mondial pour financer les améliorations tant en terme de production qu'en conditions de vie des producteurs. Rappelons qu'en mai, les cours mondiaux du café étaient au plus bas en 12 ans.

CAOUTCHOUC

Le marché du caoutchouc est en petite forme. Après avoir cédé 6,2% la semaine dernière, les cours se sont encore affaissés. Jeudi, ils ont clôturé à 177,2 yens ($1,64) le kilo sur le Tocom Commodity Exchange (Tocom) contre un plus bas de trois mois vendredi dernier à 181,6 yens. Même tendance à Shanghai, les cours passant de 11 310 yuans à 10 735 yuans ($1563,36) la tonne à la clôture jeudi. Les fondamentaux sont faibles avec une augmentation régulière de l’offre tandis que la demande vacille, notamment en provenance du principal acheteur, la Chine, qui est toujours en guerre commerciale avec les Etats-Unis.

En outre, en Chine la Securities Regulatory Commission a annoncé qu’à partir du 12 août, elle commencerait à négocier des contrats à terme sur le caoutchouc TSR20. « Tout le monde est inquiet si le TSR20 commence ses activités, certains capitaux sortiront des contrats à terme sur caoutchouc actuels de Shanghai et seront transférés à de nouveaux contrats », a déclaré Tang Xiaonan, analyste chez JLC Network Technology Co Ltd.

En Thaïlande, le Premier ministre Prayuth Chan o-cha a réaffirmé la volonté de son gouvernement de stimuler la consommation locale de caoutchouc notamment en augmentant son utilisation dans la construction de routes. A cet effet, le cabinet a débloqué le 9 juillet une enveloppe de 2,568 milliards de bath ($83 millions) pour la construction de 670 routes en caoutchouc sur une longueur total de 1 744 kilomètres.

COTON

Chute très nette sur le marché du coton cette semaine les cours se situant à un plus bas de trois ans à 63,08 cents la livre jeudi à la clôture. « Le marché est sorti de nulle part cette semaine et a repris sa tendance à la baisse, qui a débuté il y a 13 mois. Depuis qu’il a atteint un sommet d’environ 96 cents en juin 2018, le marché a chuté de 33 cents et cette glissade n’est toujours pas terminée » souligne Plexus Cotton.

Le rapport américain sur l’offre et la demande en produits agricoles (WASDE) du département américain de l’Agriculture (USDA) publié hier confirme aussi la tendance baissière avec une hausse des stocks de clôture pour 2019/20 et une baisse de la demande tandis que les conditions des récoltes dans les principales régions s’annoncent pour l’instant bonnes. La consommation a été en particulier revue à la baisse au Bangladesh et en Chine pour 2018/19 et 2019/20. La baisse de la consommation au Bangladesh (moins 900 000 balles tant en 2018/19 qu’en 2019/20) serait susceptible d’affecter les producteurs africains de coton, près de 50% de leur coton étant acheminé vers ce pays, souligne Mambo.

Au Brésil, l'Association des producteurs de coton du Mato Grosso (AMPA) a assigné hier l’entreprise allemande Bayer AG pour annuler les droits de brevet sur les semences de coton génétiquement modifié Bollgard II RR Flex estimant que ces semences ne constituent pas une innovation technologique. La poursuite couvre également le bureau national des brevet du Brésil. AMPA a déclaré qu'elle demanderait un remboursement de $151 millions de redevances que les agriculteurs du Mato Grosso ont déjà payés pour l'utilisation de la technologie.

HUILE DE PALME

Le marché de l’huile de palme a glissé cette semaine passant de 1960 ringgits la tonne vendredi dernier à 1941 ringgits ($468,21) jeudi à la clôture sur Bursa Malaysia Derivatives Exchange plombé par les stocks plus élevés qu’anticipés.

Selon le Malaysian Palm Oil Board (MPOB), les stocks d’huile de palme n’ont reculé que de 0,97% pour s’établir à 2,35 millions de tonnes (Mt) au mois de juin. Si la production a diminué de 9,2% à 1,52 Mt, les exportations ont chuté de 19,4% par rapport à mai, pour s'établir à 1,38 Mt .

RIZ

Les prix à l'exportation du riz en Inde ont progressé cette semaine avec la hausse de la roupie, tandis que l’arrivée de la nouvelle récolte a pesé sur les prix de la Thaïlande.

En Thaïlande, les prix du Thaï 5% se sont abaissé à $390-$404 la tonne contre $395-$413 la semaine dernière. La perspective de la mise sur le marché de la nouvelle récolte le mois prochain et la force du bath ont pesé sur les prix avec une demande stable.

Les exportations de riz de la Thaïlande ont chuté de 12% au premier semestre de 2019, en raison principalement du baht fort. Outre le renforcement du bath, le riz thaïlandais est affecté par la concurrence du Vietnam et de la Chine. En effet, la Chine, premier importateur de riz au monde et troisième acheteur de la Thaïlande, a déstocké son riz l'année dernière et diminué ses achats auprès du Vietnam et de la Thaïlande. "Parce que la Chine n'achète pas au Vietnam cette année, le Vietnam dispose de beaucoup de riz qui nous fait concurrence sur tous les marchés. Parallèlement, la Chine s'approprie nos marchés africains" affirme  Chookiat Ophaswongse, président d'honneur de l'Association des exportateurs de riz thaïlandais.

Les exportations seront probablement inférieures à l'objectif de 9,5 millions de tonnes (Mt) fixé pour cette année, a déclaré mercredi l'Association des exportateurs de riz thaïlandais. La Thaïlande a expédié 4,2 Mt de riz entre janvier et juin, les commandes des deux derniers mois ayant atteint 600 000 tonnes par mois.

En Inde, les prix du riz étuvé 5% se sont appréciés à $374-$377 la tonne contre $371-$374 la semaine dernière. La roupie indienne a atteint jeudi son plus haut niveau en 11 mois. "La demande de riz blanc est négligeable. Il existe une demande modeste pour du riz étuvé des acheteurs africains", a déclaré BV Krishna Rao, président de la Rice Exporters Association (REA).

Au Vietnam, les prix du Viet 5% ont augmenté à $335-$340 la tonne contre $330-$335 la tonne la semaine dernière. Toutefois la demande est terne souligne un négociant.

Le Bangladesh achètera 400 000 tonnes de paddy à 26 000 taka ($307,73) la tonne au moment des récoltes, afin de soutenir les agriculteurs locaux confrontés à la baisse des prix intérieurs, a déclaré le ministre de l'Alimentation, Sadhan Chandra Majumdar. Toutefois, les spécialistes du marché estiment que cette décision ne profitera pas à la plupart des producteurs ayant un besoin urgent d'argent, car ils étaient obligés de vendre leur récolte à des prix beaucoup moins rémunérateurs aux meuniers ou aux intermédiaires. Depuis la levée de son interdiction d'exportation de riz en mai dernier, le Bangladesh n'a pas été en mesure de conclure des accords.

SUCRE

Le sucre roux a terminé hier soir à 12,38 cents la livre (lb), à peine changé par rapport aux 12,36 enregistré à la clôture vendredi dernier, le roux terminant alors sa quatrième semaine de hausse sur les cinq dernières. Depuis le début du mois, il évolue dans une fourchette de prix allant de 12,25 à 12,82 cents. L'offre demeure pléthorique, seule la faible mousson en Inde permettant de soutenir quelque peu les prix. Le blanc, quant à lui, a terminé hier soir à Londres à $ 317,70 la tonne parti de $ 319,80 vendredi dernier.

On devrait, en toute logique, avoir davantage de sucre mexicain sur les marchés mondiaux sur la campagne 2019/20 car les Etats-Unis devraient moins en importer. Selon les dernières estimations du Département américain de l'agriculture (USDA) publiées hier, Washington n'importerait que 969 000 tonnes courtes et non 1,4 million de tonnes courtes prévu dans le précédent rapport de l'USDA publié le mois dernier.

Côté entreprise, c'est le plongeon chez le leader européen du sucre, Suedzucker. Ses revenus au premier trimestre de son exerce 2019/20 en cours, à fin mai, ont chuté à € 47 millions contre € 78 millions sur la même période l'exercice précédent. Son secteur sucre a enregistré une perte opérationnelle de € 36 millions contre un bénéfice de 8 millions l'année dernière. En cause, "les revenus historiquement faibles des ventes dans l'UE".

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