18 juillet 2022 - 13:10 |

Avec la fin du partenariat CmiA-BCI, la question de la certification du coton africain se pose

Sous la pression des consommateurs, les grandes enseignes textiles se mettent au vert avec des objectifs environnementaux et sociaux. La matière première, le coton, est l'un des éléments de la durabilité de la chaîne d’approvisionnent. Bio, équitable, mais surtout durable doit être la fibre blanche avec une garantie de traçabilité donnée par la certification.

Pour le coton africain, deux labels coexistent. Le label de la Better Cotton Initiative (BCI), de loin le label le plus utilisé et reconnu au niveau mondial, et l’initiative portée par Aid by Trade Foundation (AbTF), Cotton made in Africa (CmIA), exclusivement consacrée au coton produit en Afrique. BCI n’est présent en Afrique qu’en Afrique du Sud, au Mali et au Mozambique.

Ces deux labels ont été créés conjointement en 2005 mais BCI a pris au fil des années une longueur d’avance. Il couvre davantage de pays, 24, en particulier d’importants producteurs mondiaux de coton comme le Brésil ou l’Inde. Les volumes sous label sont environ 7 fois plus élevés que le coton CmIA. BCI dispose aussi d’un réseau de membres de détaillants et marques beaucoup plus important.

Au regard de cette évolution, BCI et AbTF se sont rapprochées en 2012 en créant une équivalence entre les deux labels. Depuis le coton CmiA est vendu aux membres de BCI en tant que Better Cotton lui offrant ainsi accès à un plus vaste marché. Après dix années, les deux organisations ont décidé de mettre fin à leur partenariat (Lire : Coton durable : fin du partenariat entre la Better Cotton Initiative et Cotton made in Africa.) Concrètement le coton CmIA ne sera plus commercialisé sous BCI à partir de janvier 2023 avec des transactions devant être conclues avant la date du 30 juin 2022. Un délai jugé trop court tant pour les négociants que les producteurs africains de coton.  En effet, les producteurs vendent leur récolte jusqu’à 18 mois en avance et le négoce vendent à la filature ausi à l’avance.

Après une intense opération de lobbying, menée notamment par l’Association française cotonnière (Afcot), les deux organisations ont conjointement décidé d’assouplir leur position et de reporter la date au 30 juin 2023.  

Une décision bien accueillie mais qui laisse entière la question de la commercialisation future du coton CmIA. Or, avec près de 700 000 tonnes de coton produites en 2021, c’est 40% de la production africaine qui est certifiée CmIA. Une production qui risque de perdre de sa valeur si le label n’est pas directement plébiscité par les grands donneurs d’ordre, les grandes marques et détaillants préférant rester sur du coton BCI. Les sociétés africaines se tourneront-elles vers une certification Better Cotton ?  Un temps a été donné pour s'adapter.

 

Quelques chiffres sur les deux labels

Better Cotton

Environ 20% de la production mondiale de coton est certifiée Better Cotton.

Selon, le dernier rapport annuel de BCI, la production certifiée s’est élevée à 4,7 millions de tonnes (Mt) en 2020/21, en baisse de 25% par rapport la campagne précédente.

Dans les 4,7 millions de tonnes sont compris les 690 000 tonnes de coton CmIA.

La BCI compte 2409 membres dont 2065 fournisseurs et fabricants et 283 détaillants et marques. Ces derniers ont acheté en 2021 un record de 2,5 millions de tonnes de Better Cotton, soit 10 % de la production mondiale de coton, en hausse de 47 %sur les volumes d'approvisionnement 2020, toujours selon le rapport annuel.

BCI est présent dans 24 pays dont pour les plus importants le Brésil (près de 2 millions de tonnes), l’Inde et le Pakistan. La production de coton exclusivement BCI en provenance d’Afrique est inférieure à 30 000 tonnes.  

CmIA

La production de coton CmIA s’est élevée à 690 000 tonnes en 2021 réalisée par 22 sociétés cotonnières africaines au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, en Côte d'Ivoire, au Mozambique, au Nigeria, en Tanzanie, au Tchad et en Zambie. Le Ghana et le Togo devraient rejoindre l'initiative en 2022.

600 millions de textiles labélisés ont été produits en 2021.

CmIA compte 240 filatures enregistré, 27 négociants de coton et 60 partenaires détaillants et marques, selon le dernier rapport annuel de CmIA.

Pays: 
Secteurs: 
Matières premières: 
Non
Énergies renouvelables: 
Non

Commentaires

Notre initiative Cotton made in Africa certifie et commercialise depuis 17 ans du coton durable produit par des petits cultivateurs d'Afrique subsaharienne ; nous nous sentons particulièrement engagés envers ce coton. Nos clients, les détaillants et les marques internationales, apprécient les avantages particuliers et uniques des provenances africaines. Cotton made in Africa veille à ce que ces avantages africains spécifiques restent visibles, assure en même temps une production durable et garantit une transparence totale jusqu'à l'origine de la matière première. Le marché l'honore - Cotton made in Africa envisage l'année prochaine avec un grand optimisme, car la demande augmente fortement. Nous sommes convaincus que tous les participants - petits cultivateurs, entreprises cotonnières et tous les partenaires de la chaîne textile - continueront à profiter de cette évolution, et que la question de savoir si le coton perd de sa valeur en raison d'une demande insuffisante ne se pose pas.

Notre initiative Cotton made in Africa certifie et commercialise depuis 17 ans du coton durable produit par des petits cultivateurs d'Afrique subsaharienne ; nous nous sentons particulièrement engagés envers ce coton. Nos clients, les détaillants et les marques internationales, apprécient les avantages particuliers et uniques des provenances africaines. Cotton made in Africa veille à ce que ces avantages africains spécifiques restent visibles, assure en même temps une production durable et garantit une transparence totale jusqu'à l'origine de la matière première. Le marché l'honore - Cotton made in Africa envisage l'année prochaine avec un grand optimisme, car la demande augmente fortement. Nous sommes convaincus que tous les participants - petits cultivateurs, entreprises cotonnières et tous les partenaires de la chaîne textile - continueront à profiter de cette évolution, et que la question de savoir si le coton perd de sa valeur en raison d'une demande insuffisante ne se pose pas.

Publicité

Votre publicité sur notre site

En savoir +