27 août 2019 - 12:24 |

Le café froid, un marché mondial en croissance de 21% par an

Beaucoup de turbulences pour pas grand-chose. Ainsi, peut se résumer l'analyse de Rabobank sur l'évolution des cours mondiaux du café durant ce troisième trimestre 2019.

"Les prix du café ont enregistré pas mal de volatilité haussière durant le trimestre, mais ont terminé plus ou moins inchangés. Les gelées enregistrées au Brésil en juillet ont été la raison majeure de la hausse, mais elles n'ont réduit le potentiel de la récolte d'Arabica sur la prochaine campagne que de 1% à 3%. Sans doute que le plus grand évènement durant le trimestre a été la matérialisation de la faible qualité de la récolte d'Arabica au Brésil qui s'achève actuellement", souligne le rapport rendu public jeudi dernier.

Un marché déficiatire en 2019/20, de 4 Ms 

Côté offre et demande, Rabobank estime l'excédent à 6,9 millions de sacs de 60 kg (Ms) en 2018/19, la campagne 2019/20 étant attendue déficitaire de 4,1 Ms. C'est la production qui joue la variable d'ajustement car la demande mondiale, quant à elle, poursuit sa progression déjà enregistrée au fil des années passées. La banque rappelle qu'au deuxième trimestre, les importations nettes avaient été record dans l'Union européenne et aux Etats-Unis.

S'agissant du Robusta, la banque néerlandaise souligne les niveaux demeurés  très élevés du différentiel de prix du café vietnamien par rapport aux cours mondiaux. Un différentiel élevé car il faut bien compenser la faiblesse des cours à Londres où l'importance des stocks de Robusta brésiliens ("conilons") et la faible demande européenne pour ces derniers pèsent sur les prix. Mais ce ne sont pas les uniques facteurs explicatifs. En effet, l'Arabica est très bon marché aussi, ce qui incite les acheteurs à les préférer aux Robustas qui n'ont été, durant ce troisième trimestre, que de 35 cents moins chers en moyenne. Pas de quoi se priver !  Et les fonds spéculatifs misent sur la poursuite de la baisse des prix du Robusta car les cafés Arabica brésiliens déclassés sont très très compétitifs et raflent des parts de marché au Robusta.

La déferlante du café froid

Surtout, ce que souligne Rabobank dans son rapport, est le déferlement de la tendance du café froid. Et -sans le nommer- c'est Starbucks qui mène la danse au niveau mondial en ne cessant de proposer de nouveaux produits dans cette gamme du café froid, le "cold brew". Citant les chiffres de Technomic, ces ventes ont grimpé de 21% par an en moyenne durant ces trois dernières années.

Ce marché aujourd'hui pèse $ 1,7 milliard. Et le mouvement ne devrait guère s'essouffler pour le moment car ce sont essentiellement les jeunes qui sont friands de cette nouvelle manière de consommer le café. Mais pas seulement le café : selon Allegra World Coffee Portal, les ventes de boissons glacées, de façon générale, ont augmenté de 13% l'année dernière, pour atteindre £ 395 millions. Et si on considère que la vente de café froid ne représente, pour l'instant, qu'un peu moins de 6% des ventes totales de café dans les coffee shops, on mesure l'extraordinaire potentiel de croissance de ce segment de marché.

Détail intéressant, cette consommation de café froid a pour conséquence qu'on en boit plus tard dans la journée que le café chaud. On passerait là, résolument, d'une boisson énergisante matinale à une boisson "plaisir", conviviale, d'après-midi et -pourquoi pas?- de début de soirée.

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