27 octobre 2016 - 15:45 |

La Chronique Matières du Jeudi (27/10/2016)

Selon un sondage de CME, il y aurait 74% de chance que la Federal Reserve aux Etats-Unis relève les taux d'intérêt lors de sa réunion de décembre, ce qui a fait grimper le dollar a des plus hauts en 9 mois face à un panier de devises cette semaine. Cependant, aujourd'hui, l'annonce de bons résultats des banques européennes, contrairement à tous ces derniers mois, a soutenu  l'euro notamment face au billet vert.

CACAO

La faiblesse des stocks sur les marchés à terme a fait grimper la fève à la clôture hier soir du marché à terme de New York, et ce malgré la bonne récolte en cours en Côte d'Ivoire. Ceci dit, sur la semaine, les prix n'ont guère évolué, la tonne terminant à $ 2 660 à New York et à £ 2 199 à Londres contre $ 2 642 et £  2 188 vendredi dernier.

Sur le terrain en Côte d'Ivoire, les pluies régulières alternent avec un bon soleil, ce qui laisse prévoir une récolte principale qui sera plus longue et plus abondante que l'année dernière, estiment des planteurs interrogés par Reuters. Et ce, malgré les maladies du verger qui persistent.

Entre le 1er octobre, démarrage de la campagne 2016/17 et le 23 octobre, les arrivages de fèves aux ports d'Abidjan et de San Pedro ont totalisé 123 000 tonnes (t) contre 218 000 t sur la période équivalente l'année dernière, estiment les exportateurs.

Côté consommation, la Chine a importé 2 311 t de fèves au mois de septembre, en hausse de 74% par rapport à septembre 2015, et au prix moyen de $ 2 863 la tonne.  Sur ces 2 311 t, 1000 t sont venues du Ghana (+135%, $ 2 680 la tonne), 557 t du Nigeria ($ 2 952), 526 t de Côte d'Ivoire ((+16,6%, $ 3 080), 153 t du Togo (+1,7%, $ 2 957), 75 t d'Equateur (-75%, $ 2 872).

Sur les 9 premiers mois de 2016, les importations totales de cacao par la Chine se sont élevées à 27 644 t (- 5,8%). De cela, 8 900 t provenaient du Ghana (- 26%), 5 558 t du Nigeria (+ 650%), 4 802 t d'Equateur (+6,6%),  4 164 t de Côte d'Ivoire (+12%), 2 711 t du Togo (+ 0,94%), 1 494 t du Cameroun (- 17,5%) et 15 t de Papouasie Nouvelle Guinée.

A noter qu'en septembre, la Chine a exporté 52 t de produits chocolatés vers le Ghana (+ 283%, $ 2 100), 21 t vers le Nigeria (- 57%, $ 2 291), 21 t vers le Soudan ($ 2 464), 15 t vers l'Ouganda ($ 1 794). Entre janvier et septembre, ces ventes de produits chocolatés ont atteint 527 t vers le Nigeria (+13%), 475 t vers le Ghana  (+ 23%), 148 t vers le Bénin (- 43%), 94 t vers le Soudan (+ 340%), 97 t vers l'Angola (- 61%), 87 t vers l'Ouganda, 82 t vers la Guinée (+ 536 t), 47 t vers le Congo, 20 t vers la Tanzanie (- 44%), 18 t vers le Togo (-67%),  12 t vers le Sénégal (+2%) et  2 t vers le Cameroun.

CAFE

Le Robusta poursuit son ascension. Hier soir, sur le marché à terme de Londres, il a clôturé à son plus haut en deux ans, le marché jouant à fond les cartes du déficit mondial avec des baisses de production au Vietnam, Brésil et en Indonésie, mais aussi celle de la pluie qui tombe au Vietnam, ralentissant la récolte. Ainsi, la tonne de Robusta a touché hier, en cours de séance, les $ 2 188 avant de redescendre et clôturer à $ 2 178 ; elle avait terminé, vendredi dernier, à $ 2 153.

Une hausse des cours justifiée, selon l'analyste Carlos Mera de Rabobank. Les prix pratiqués actuellement au Vietnam, 1er producteur mondial de Robusta, sont actuellement au plus haut en 3 ans et incitent les producteurs à vendre et à ne plus faire de la rétention. Les disponibilités s'en trouvent donc accrues. Mais ce n'est pas pour autant que les prix baissent car les pluies pourraient retarder l'arrivée des récoltes le mois prochain.

L'Arabica, quant à lui, a terminé en baisse hier sur le marché à terme de New York, à $ 1,637 la livre mais après avoir touché un plus haut en 20 mois en cours de séance. En effet, la valeur du real, la monnaie brésilienne, a baissé face au dollar ce qui rend encore plus compétitif le café brésilien et incite les opérateurs à mettre davantage de volumes sur le marché. Ce qui pèse sur les prix. Vendredi dernier, la livre d'Arabica était plus basse, à $ 1,561.

Au Kenya, la production devrait atteindre 47 000 t en 2016, en hausse de 2 000 t par rapport à l'année précédente, selon les autorités. La hausse est essentiellement à attribuer à un accroissement des superficies consacrées à la caféiculture qui atteignent cette année 114 000 ha contre 109 000 ha auparavant.

En Ouganda, les exportations ont chuté de 27% en septembre par rapport à il y a un an, à 208 956 sacs de 60 kg  contre 286 322 sacs, selon l'Uganda Coffee Development Authority (UCDA). Pour l'ensemble de la campagne 2015/16 (octobre à septembre), les exportations ont totalisé 3,32 millions de sacs, générant $ 327 millions. Rappelons que 2014/15 avait été record, avec 3,46 Ms qui ont rapporté $ 410 millions.

En septembre, la Chine a importé 7 048 t de café (- 1,6% par rapport à septembre 2015, au prix de $ 7 426 la tonne), dont, d'Afrique, 155 t d'Ethiopie (- 13%, $ 11 183), 20 t du Kenya (+ 40,5%, $ 6 385), 19 t d'Ouganda (- 91%, $ 3 116), 2 t de Tanzanie ($ 4 585). Sur les 9 premiers mois de l'année, ses importations  de café ont totalisé 60 708 t (+ 44%) dont, toujours d'Afrique, 1 022 t d'Ethiopie (+ 36%), 633 t d'Ouganda (- 28%), 155 t du Kenya (- 31%), 105 t de Tanzanie (+ 66%), 19 t du Burundi (+ 1 354%) et 1 t du Malawi.

CAOUTCHOUC

Après avoir perdu 5,1% de leur valeur la semaine dernière, le contrat de mars clôturant à 173,9 yens ($1,67)  le kilo, les cours du caoutchouc se sont redressés cette semaine à la faveur d’un yen plus faible face au dollar. Mercredi soir,  il s’affichait  à 179 yens ($1,72) le kilo.

Les importations de caoutchouc naturel de Chine ont reculé de 14,6% à 1,682 million de tonnes (Mt) sur les 9 premiers mois de l’année, par rapport à la même période en 2015. Sur le seul mois de septembre, elles s’abaissent de 36,52%. La Côte d’Ivoire a exporté 21 192 tonnes de caoutchouc  en Chine sur les 9 premiers mois de 2016, montant quasi-stable par rapport à 2015. Quant au Liberia et au Nigeria, ils ont exporté vers Pékin respectivement 306 tonnes et 424 t..

L’Inde a été élu à l'unanimité en tant que président de l'Association des pays producteurs de caoutchouc naturel (ANRPC) lors de sa 39ème assemblée à Guwahati. La vice-présidence revient au Vietnam.

COTON

Sixième séance consécutive de baisse mardi pour les cours du coton à New York pour  toucher leur plus bas niveau en deux semaines sur fonds de bonnes conditions météorologiques favorables aux Etats-Unis mais aussi en Inde et au Pakistan où la météo s’améliore. Le contrat de décembre à clôturé  à 68,49 cents par livre. Avec l’affaiblissement du dollar et des achats spéculatifs, les cours se sont toutefois repris mercredi, gagnant 1,12% à 69,26 cents la livre.

Les exportations de coton de l’Inde sont susceptibles d’être réduites de 28% en 2016/17 à 5 millions de balles, son principal acheteur le Pakistan devant diviser par deux ses achats suite aux hostilités entre les deux pays mais aussi avec l’amélioration de sa propre production de coton.

Le Pakistan est susceptible d'importer 1 million à 1,5 million de balles en  2016/17, qui a démarré le 1er octobre, contre 2,7 millions de balles en 2015 /16 a indiqué Kavita Gupta,  Textile Commissioner en Inde. Cependant, « Le Pakistan a toujours besoin d'importer, mais les acheteurs pakistanais se tournent vers le Brésil et les États-Unis», a déclaré Pradeep Jain, un égreneur basé à Jalgaon, dans l'Etat du Maharashtra.

Selon  le président de l’Association cotonnière indienne, Dhiren Sheth, l’Inde a jusqu’à présent signé des contrats à l’exportation pour 500 000 balles, soit environ la moitié de ce qui avait été réalisé l’année dernière. 

Côté production, elle devrait progresser de 3,8% à 35,1 millions de balles, les bonnes pluies de la mousson favorisant les rendements, a indiqué Kavita Gupta.

Jürg Reinhart, président de Paul Reinhart AG, est le nouveau président de l’International Cotton Association (ICA) qui fêtait ses 175 ans d’existence à Liverpool. Salman Ispahani, directeur de  Pahartali Textiles est le premier vice-président et Bill Ballenden, directeur général à Louis Dreyfus Company le second.

Les nouveaux membres du conseil sont Manish Chawla d’H&M, Minghong Chen de Chinatex Cotton Import and Export Corporation,  Jerry Marshall d’ Yiyang Company, Alan McClay de Better Cotton Initiative, Tim North d’Ecom USA, Leon Picon d’Orta Anadolu et Mohit Shah de Gill & Co.

HUILE DE PALME

Le mouvement enclenché à la hausse vendredi, renversant les pertes précédentes, s’est poursuivie lundi, les cours progressant de 3,6% à un plus haut de deux ans. Une hausse impulsée par le complexe des huiles végétales en Chine sur le Dalian Commodity Exchange. Toutefois, les cours ont chuté le jour suivant de 2% suite à la rectification des données de la production d’huile de palme en Malaisie. D’une baisse de 11% la production d’huile de palme annoncée lundi, on est passé à une augmentation de 3,9% mardi.  Une correction qui a eu une forte incidence sur le marché. En outre, le ringgit s’est apprécié. Le marché est reparti à la hausse mercredi toujours entraîné par le marché chinois et les cours ont clôturé à 2 794 ringgits ($671,80) la tonne.

Le regain des huiles comestibles chinoises a commencé la semaine dernière,  l'huile de soja, l'oléine et le colza ayant tous atteint des sommets de deux ans.

Les exportations d’huile de palme de Malaisie du 1er au 25 octobre ont chuté de 10,9% à 990 039 tonnes, selon Intertek Testing Services.

RIZ

Le marché du riz en Asie est plutôt calme cette semaine avec très peu de demande et ce en dépit d’une reprise des achats frontaliers de la Chine.

En Thaïlande, le Thaï 5% est inchangée à $350- $354 la tonne (FOB) en dépit des annonces du ministère du Commerce annonçant une récolte moindre et des négociations en cours avec la Malaisie et l’Indonésie. Les exportations ont atteint 7,5 millions de tonnes jusqu’à présent.

Au Vietnam, après la hausse de la semaine dernière, les prix se sont légèrement  abaissés, le Viet 5% cotant $350 la tonne FOB, contre $350-$355 la semaine dernière.  Les exportations de riz du Vietnam entre janvier et octobre se sont contractées de 21,2% à 4,22 millions de tonnes (Mt) vendues principalement à la Chine, au  Ghana et au Philippines,  selon le ministère de l'Agriculture. Les recettes d’exportation reculent de 16,9% à $1,89 milliard.

En Inde, le 5% étuvé a légèrement diminué à $364- $374 la tonne contre  de $367- $377 la semaine dernière en raison de faible demande d'exportation et des attentes d'une récolte exceptionnelle.

L'Indonésie dispose de suffisamment de stocks de riz jusqu'en juin 2017 et ne sollicitera pas d’importation additionnelle  avant le début de l’année prochaine, a indiqué le ministre de l'Agriculture Amran Sulaiman.

SUCRE

Le sucre roux  a terminé en baisse hier soir à la clôture de New York, à 22,67 cents la livre, sous le coup des fluctuations monétaires. Il n'est pas tombé aussi bas que les 22,35 cents touchés la semaine dernière mais il n'est pas resté, non plus, au-dessus des 23 cents comme il l'était lundi lorsqu'il a clôturé à 23,20 cents. La livre de sucre roux cotait 22,71 cents vendredi dernier. Quant au sucre blanc, il a terminé hier soir à Londres à $ 595,70 la tonne contre $ 593,80 vendredi dernier.

En effet, les pluies au Brésil ralentissent les broyages et la queue des navires dans l'attente de charger ne cesse de s'allonger. Ce qui confirme que la demande demeure forte même si le marché est plutôt clame, souligne Naim Beydoun chez Swiss Sugar Brokers.

On entend aussi des rumeurs de nouveaux achats qui se préparent. Les prix intérieurs chinois ont augmenté et Pékin pourrait vouloir importer prochainement. De son côté, l'Egypte manque visiblement de sucre. Depuis plusieurs semaines, des grossistes et conditionneurs se voient confisquer par les autorités des volumes de sucre, explique à Reuters un opérateur . Et maintenant, c'est au tour des usines d'être inquiétées. Ainsi, lundi, Edita Food Industries, un des plus grandes agro-industries du pays avec 4 sites de production où sont confectionnés notamment les produits des marques Twinkies, HoHos, Tiger Trail , a annoncé que son usine à Beni  Suef avait fermé pendant 3 jours après que les autorités lui aient confisqué 2 000 tonnes (t) de sucre. Le gouvernement qui se défend en déclarant que les responsables de l'entreprises n'avaient pas été en mesure de fournir des factures pour le sucre détenu dans l'usine. Ce que les responsables de l'industrie nient.

Dans les supermarchés, il deviendrait difficile de se procurer un kilo de sucre. Le gouvernement pourrait devoir importer et ce, malgré la pénurie de devises, notamment de dollars, et malgré le cours très élevé actuellement du sucre.

Le gouvernement égyptien qui, récemment, a accusé les industries agro-alimentaires de constituer des stocks, contribuant ainsi au renchérissement du précieux édulcorant dont les Egyptiens sont particulièrement friands. L'Egypte produit un peu plus de 2 millions de tonnes (Mt) de sucre par an et en consomme environ 3 Mt.

 

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