07 février 2022 - 19:05 |

Unagribio et Israël forment 100 agriculteurs au riz bio à Gagnoa

Laetitia Fagnidi Lekadou est vice-présidente de l’Union des agriculteurs biologiques de Côte d’Ivoire (Unagribio) créée il y a un an, ainsi que présidente de l’association à Gagnoa qui a mis en place la coopérative et agricultrice avec son mari.

Avec le soutien de Mashav, l’agence israélienne de coopération internationale

pour le développement, Unagribio forme les agriculteurs aux pratiques de la culture biologique avec notamment des kits d’irrigation goutte-à-goutte qui viennent d’être fournis par Israël et réceptionnés vendredi. Objectifs : développer la culture du riz de Gagnoa et à terme des produits maraîchers.

 

Pour Leo Vinovezky, Ambassadeur d’Israël en Côte d’Ivoire, il s’agit, pour l’avenir, de sélectionner à Gagnoa des étudiants en agriculture afin qu’ils bénéficient du programme AgroStudies en Israël pendant 11 mois (lire entre autres : Yaron Tamir : AgroStudies, un programme israélien unique pour devenir entrepreneur agricole).
 
Pouvez-vous présenter Unagribio ?

L’Union des agriculteurs biologiques de Côte d’Ivoire, Unagribio, est une coopérative agricole qui fait la promotion de l’agriculture biologique. Elle a été créée il y a un an et j’en suis la vice-présidente. Aujourd’hui, avec l’agence israélienne de coopération internationale pour le développement, Mashav, nous entrons dans l’exécution d’un projet qui avait déjà été monté auparavant.

Combien avez-vous de membres ?

Aujourd’hui, la coopérative compte plus de 300 membres qui sont des agriculteurs répartis un peu partout dans la région où nous sommes localisés en Côte d‘Ivoire, à commencer par Gagnoa. Ensuite, du nord au sud, nous sommes représentés un peu partout. Ces 300 agriculteurs ont en commun l’agriculture biologique et ont pour partenaire Israël.

Ils sont sur quelles cultures ?

Concernant Gagnoa, le premier produit est le riz. Donc il s’agit de former des agriculteurs pour faire la promotion du riz bio de Gagnoa. Mais nous allons toucher aussi les cultures maraichères comme le piment, le maïs, l’aubergine, le gombo, les bananes, le manioc, tous les produits qui sont utilisés au quotidien dans les foyers.

Le marché ciblé est la Côte d’Ivoire ou également des pays voisins ?

La Côte d’Ivoire est le marché principal. L’idée est de se répandre ensuite dans les pays voisins et à l’international.

Comment évolue la demande en produits bio en Côte d’Ivoire et en Afrique de l’ouest ?

Comme ça concerne la santé, 100% des personnes sont intéressées car l’agriculture biologique aujourd’hui correspond au besoin d’avoir une santé pérenne. Le besoin est là et les consommateurs attendent maintenant que cette offre se matérialise.

Les consommateurs sont-ils prêts à acheter plus chers des produits bio, car c’est souvent le cas ?

Depuis deux ans nous faisons la promotion des produits bio. Il y aura une variation des coûts car c’est du bio mais les consommateurs y sont préparés. La qualité des produits et leur santé accompagnent le process.

Ce projet est financé à 100% par Israël ?

Non. Israël apporte tout ce qui est matériel pour favoriser la formation des agriculteurs à la culture biologique. Ils ont fait le premier apport qui est considérable et cela nous a permis de mettre en place des sites d’écoles. Israël accompagne le projet mais il y a aussi l’implication de l’Etat de Côte d’Ivoire, de Gagnoa et d’autres partenaires.

Le financement total du projet est de quel ordre ?

Nous avons prévu un financement à hauteur de FCFA 30 millions pour la formation et l’installation des agriculteurs qui seront formés. Israël a déjà fait un apport avec les kits d’irrigation qui représentent FCFA 10 millions. Donc nous allons continuer à mobiliser des financeurs.

Quand avez-vous reçu les kits d’irrigation au goutte-à-goutte d’Israël ?

Nous avons reçu la dernière semaine de janvier la totalité du matériel, soit 10 kits.

Comment allez-vous concrètement les utiliser ?

Comme notre association et la coopérative ont pour objectif le développement rural et l’autonomisation des populations agricoles, nous avons mis en place 10 sites d’école.  Cent agriculteurs recevront une formation pratique et théorique sur l’agriculture biologique sur une période de trois mois. Les kits d’irrigation vont nous permettre de les mettre en place sur les sites et ce sont sur ces sites écoles que les 100 agriculteurs seront formés aux techniques de la cuture bio qu’ils mettront ensuite en place sur leurs propres terres avec l’aide de nos partenaires locaux. Les kits sont prévus pour irriguer une surface de 250 m2.

Ces sites de formation sont à Gagnoa ou autour ?

A Gagnoa même nous avons six sites. A Guiberoua et à Galébré, qui sont les premières villes autour de Gagnoa où nous avons installé notre coopérative, nous avons deux sites dans chaque région. Sur ces sites, nous allons combiner le riz avec le maraicher.

Les personnes qui seront formées seront des jeunes ou des agriculteurs déjà installés ?

La plupart sont des agriculteurs qui ont des terres mais qui n’ont pas le financement pour mettre en place des techniques innovantes pour produire en quantité. Donc ce sont des personnes qui ont la notion de l’agriculture de base et que nous allons faire rentrer dans le programme pour que la formation soit plus pragmatique et rapide. Mais elle est ouverte à toute autre personne qui aurait besoin de se former à l’agriculture biologique dans le cadre de son propre projet.

Est-il prévu une assistance technique israélienne au fil du temps ?

Nous avons envoyé les besoins en formation à l’Ambassadeur d’Israël à Abidjan demandant une assistance technique et une assistance en matière d’écoles car elles seront répliquées.

Les producteurs sont suivis pendant combien de temps ?

Toute la durée de formation, soit trois mois. La formation initiale a lieu sur les sites des écoles puis la formation continue se fait sur leur propre parcelle. Mais on assure toujours le contrôle. D’ici la fin de la semaine, on va recevoir la validation du projet pour qu’Israël et l’autre partenaire du projet qui est Anader accompagnent le suivi et le contrôle jusqu’à la récolte des produits.

Donc la phase 1 porte sur 100 agriculteurs qui seront formés et installés, la phase 2 sur 500 et la troisième sur 1000. Pour atteindre l’objectif final, il faut compter 6 mois à un an. Au total, 10 000 ha seront ainsi mis en valeur en bio d’ici la fin de l’année.

Filières: 
Secteurs: 
Matières premières: 
Non
Énergies renouvelables: 
Non

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