28 septembre 2021 - 15:14 |

Si l'élevage se développe en Afrique, l'usage des antibiotiques ne suit pas, créant une menace de santé publique

« La situation de l’antibiorésistance en Afrique est complexe et préoccupante puisque ce continent affiche la plus faible utilisation d'antibiotiques en élevage alors que les agents pathogènes d'origine animale sont associés à une forte antibiorésistance », indique aujourd’hui l’Institut national de la recherche agronomique (Inrae) français qui fait état d’un article publié dans "Journal of Emerging Disease".

L’étude menée par INRAE, le Cirad, ILRI, IRD et l'université de Copenhague explique cette situation par un faible niveau de connaissance de l’antibiorésistance et une utilisation non maitrisée, parfois imprudente et sans perception des risques associés, des antibiotiques dans les élevages. Or, compte tenu du développement de l’élevage pour répondre à une demande croissante en protéines, ces pratiques constituent un sérieux problème de santé publique. Ce paradoxe s’expliquerait par un manque de connaissances et un mésusage des antibiotiques dans de nombreux élevages africains.

Bien que les voies de transmission de l’antibiorésistance des animaux aux humains et vice versa ne soient pas suffisamment étudiées en Afrique, la situation est préoccupante pour la santé publique. En effet, la probabilité que la résistance soit transmise aux agriculteurs et aux consommateurs par les animaux et les produits alimentaires d'origine animale est élevée.

Les chercheurs sous la houlette de Christian Ducrot, chercheur à INRAE, et de François Roger, chercheur au Cirad, plaident pour des politiques visant à améliorer l'accès aux médicaments vétérinaires et à développer des interventions sociales et techniques innovantes pour une utilisation des antibiotiques adaptées aux petites exploitations africaines.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré l’antibiorésistance comme l’une des 10 principales menaces planétaires pour la santé publique.

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