20 octobre 2016 - 15:15 |

La Chronique Matières du Jeudi (20/10/2016)

Le dollar mais aussi le franc suisse et d'autres devises continuent d'être fermes face à l'euro, traduisant l'importance des flux financiers qui quittent la zone euro, selon Sucden. Le billet vert pourrait encore se renforcer après les élections aux Etats-Unis si Hillary Clinton gagne car on s'attend alors à un relèvement des taux d'intérêt. Un dollar fort qui, comme de tradition, pèsera sur les prix des matières premières qui, pour la plupart, s'échangent en billets verts.

CACAO

Le cacao a terminé en hausse hier sur les deux marchés à terme de Londres et de New York, à £ 2 180 et $ 2 724 la tonne respectivement, par rapport à la veille, mais contrasté sur l'ensemble de la période sous revue. En effet, vendredi dernier, Londres clôturait à £ 2 205 et New York à $ 2 718 . Des évolutions de prix davantage liées aux variations monétaires, le marché étant par ailleurs plutôt calme dans l'attente de la publication des chiffres de broyage aux Etats-Unis sur le troisième trimestre.

En Côte d'Ivoire, les producteurs se veulent optimistes mais demeurent sur leur garde. Il estiment que le récolte devrait être bonne pour cette campagne qui vient de s'ouvrir, le 1er octobre, si l'harmattan est faible. Les arrivages de fèves devraient atteindre leur pic plus tard que d'habitude, sans doute fin novembre-début décembre, étant donné la faiblesse des pluies juste avant la saison.

Ceci dit, les acheteurs en Côte d'Ivoire se plaignent de l'importance de la maladie du foreur de cabosse (black pod) suite aux semaines de fortes pluies. Environ les deux tiers du cacao de Côte d'Ivoire proviennent de ces régions impactées. Rappelons que les fèves pourries doivent être détruites afin de ne pas être en contact avec les autres fèves saines. Craintes spéculatives ou réelles, s'interrogent certains ?

Côté demande, les broyages en Malaisie au troisième trimestre se sont inscrits en forte hausse, de l'ordre de 8,9% par rapport à la même période l'année dernière, à 53 181 t, a annoncé vendredi dernier le Malaysia Cocoa Board. Par rapport au deuxième trimestre 2016, la hausse est encore plus conséquente, de l'ordre de 15,9%.

Rappelons que les broyages européens n'ont augmenté que de 2,9% sur ce troisième trimestre, à 343 935 t (lire nos informations).

Côté entreprises, Mars a annoncé lundi fusionner ses segments Chocolat et Wrigley pour créer Mars Wrigley Confectionery.

Pour sa part, Hershey recherche un directeur général après l'annonce faite par John Bilbrey qu'il prendrait sa retraite à compter du 1er juillet prochain. Un choix stratégique car non seulement cela influencera les résultats de Hershey en fonction des priorités que le nouveau patron donnera au groupe, mais cela pourrait également avoir une incidence sur  la décision du trust qui détient Hershey, de maintenir ou non Hershey comme son principal investissement. Rappelons que  les deux tiers des avoirs du trust, qui totalisent $ 12 milliards, sont des actions de Hershey. Durant les 5 années de direction de John Bilbrey, la valeur boursière de Hershey a doublé pour atteindre $ 20 milliards, ses marges bénéficiaires se sont améliorées et sa part de marché aux Etats-Unis est passée de 28,3% il y a 5 ans à 31,3% actuellement.

Quant à KKO International, il a fait part hier d'un résultat global de € - 761 000 sur l'exercice contre une perte de € 1 527 000 l'année passée. S'agissant de la situation financière du groupe, au 30 juin 2016, le total du bilan s'élève à € 8 507 000 contre € 9 327 000 au 31 décembre 2015 et la trésorerie à € 523 000 contre € 3 575 000.

CAFÉ

Le Robusta continue de caracoler à des plus hauts en deux ans atteints mardi, même si hier il a glissé sur des prises de bénéfices et des ventes techniques sur les marchés à terme de Londres et de New York. L'Arabica engrange également de belles progressions, ayant grimpé durant 6 jours de marché consécutifs et touchant mardi aussi son niveau de prix le plus élevé en 4 semaines.

Hier soir, le Robusta a clôturé à Londres à $ 2 129 la tonne sur l'échéance janvier après avoir touché un pic de $ 2 161 en cours de séance ; la tonne cotait $ 2 044  vendredi dernier. Depuis le mois de janvier, lorsque le prix du Robusta avait atteint son niveau le plus faible en 5 ans et demi, il a fait un bond de 60%. Le cours du Robusta continue à être poussé par la crainte de performances médiocres de production au Vietnam et au Brésil.

Quant à l'Arabica, il a clôturé hier soir à $ 1,5785 la livre sur le marché à terme de New York contre $ 1,554 vendredi dernier.

Au Brésil, le bureau d'études Procafé estime à 39 millions de sacs de 60 kg (Ms) la production de café en 2017, année basse du cycle biennal du cafier, ce qui serait une chute de 20% par rapport à la campagne dernière qui était de 49 millions de tonnes. Sur ces 39 Ms, 28 à 32 Ms seraient de l'Arabica et 8 à 9 Ms du Robusta. Reuters note que les prévisions du marché sont, en général, de 10 à 15% supérieures à celles de Procafé.

Côté entreprise, Starbucks, qui devrait publier ce soir ses résultats sur l'exercice 2016, a annoncé hier la promotion de Belinda Wong, qui passe du poste de présidente à celui de PDG de Starbucks China. Elle a joué un rôle clé dans la croissance sans précédent de Starbucks en Chine qui est passée de 400 boutiques en 2011 à plus de 2 300 aujourd’hui. Elle a pour objectif d'atteindre 5 000 boutiques en Chine d’ici 2021.

Starbucks a aussi annoncé qu'elle ouvrira une maison de torréfaction, Starbucks Reserve Roastery, au Japon en 2018.. Elle prévoit également de nouveaux établissements à Shanghai en 2017 et à New York en 2018. La maison de la torréfaction de Tokyo sera la quatrième de la société au plan mondial, sa première ayant été à Seattle, aux Etats-Unis, en 2014. Dans la région Chine et Asie-Pacifique, Starbucks compte plus de 20 millions de clients dans ses 6 200 magasins sur 16 marchés de la région chaque semaine.

CAOUTCHOUC

Le marché du caoutchouc a été  animé cette semaine par les éventuelles conséquences  du décès du roi Bhumibol Adulyadej sur la production de caoutchouc naturel en Thaïlande, premier producteur mondial.  Après avoir gagné 5,5% la semaine dernière, les cours  se sont contractés à partir de mardi et ont perdu plus de 3% mercredi pour clôturer à 176,7 yens ($1,71) le kilo pour une livraison mars. « Le marché a subi une correction, la hausse constatée au cours des dernières semainse était exagérée » a déclaré Hiroyuki Kikukawa, directeur général de la recherche chez Nissan Securities. Les contrats à terme sur le Tokyo Commodity Exchange (Tocom)  ont depuis la mi-septembre augmenté de plus de 15%.

Lors de la neuvième conférence annuelle de l’Association des pays producteurs de caoutchouc naturel (ANPR) à Guwahati en Inde, la secrétaire général de l’association, Sheela Thomas, a indiqué qu’en dépit d’un léger excédent de caoutchouc naturel  sur le marché dans les prochaines années, l’offre sera inférieure à la demande à partir de 2020. Elle a précisé que le prix du caoutchouc naturel ne reflétait pas toujours le déséquilibre entre l’offre et la demande et que d’autres facteurs  intervenaient comme la tendance générale des marchés des produits de base, les prix du pétrole brut et le taux des devises des principaux exportateurs. La conférence a aussi abordé la question du changement climatique et de son impact sur la production agricole. Le président du Rubber Board, Ajith Kumar, a appelé la recherche à se concentrer sur le changement climatique et les stratégies à mettre en place dans le secteur du caoutchouc.

Côté entreprises, le plus grand fabricant mondial de gant en caoutchouc, le malaisien Top Glove,  cherche à étendre ses activités par l’acquisition d’acteurs locaux. Les transactions pourraient s’élever jusqu’à un milliard de ringgits ($240,7 millions). Top Glove compte pour environ un quart de la production  mondiale de gant en caoutchouc avec une capacité de 46,6 milliards de pièces par an.

Les groupes publics chinois ChemChina et Sinochem discutent d'une éventuelle fusion susceptible de créer un géant de la chimie, des engrais et du pétrole totalisant près de $100 milliards (€ 91 milliards d'euros) de chiffre d'affaires annuel, rapportent trois personnes proches des négociations à Reuters. Le projet a été proposé par le gouvernement chinois en vue de diminuer le nombre de sociétés publiques et de concentrer le secteur en créant des acteurs compétitifs au niveau mondial, précisent-elles. ChemChina et Sinochem fabriquent un peu de tout, des produits pétroliers aux insecticides en passant par les gants en latex. En ce qui concerne le caoutchouc, l’accès de Sinochem au trading du caouchouc pourrait soutenir l’activité pneumatique de ChemChina.

L’équipementier automobile et fabricant de pneus allemand Continental a revu à la baisse sa prévision de bénéfice annuel en raison de l'impact de clauses de garanties sur certains produits, de possibles dépenses liées à des procédures antitrust et de l'impact des tremblements de terre au Japon. Continental table désormais sur une marge avant impôt et charges financières de plus de 10,5% alors qu'il visait jusqu'à présent une rentabilité supérieure à 11%.

Michelin a fait état hier d'une baisse de ses ventes au troisième trimestre, imputable notamment à un marché atone et très concurrentiel en Europe. Le fabricant de pneumatiques a réalisé des ventes nettes de €5,179 milliards (-2,5%) sur les trois derniers mois. Le groupe a ajusté ses prévisions de marché pour l'année, attendant une croissance de 2% pour les voitures, mais une baisse de 2% pour les poids lourds et un recul de 4 à 5% pour les pneus de spécialité (mine et agriculture notamment).

COTON

Les cours à terme du coton se sont  légèrement contractés mardi, cassant une dynamique de quatre séances consécutives de hausse, alourdis par la stabilité du dollar  et des informations sur de bonnes conditions de récolte en  Inde et au Texas. Le contrat de décembre a clôturé à 71,15 cents la livre.

L’Ouzbékistan a conclu des contrats à l'exportation  pour  550 000 tonnes de fibre de coton récoltées en 2016,  selon une déclaration du PDG d’Uzpakhtasanoatexport, Akmal Kamalov,  à la cérémonie de clôture de l’International Uzbek Cotton and Textiles Fair. S’ajoutent des contrats sur l’exportation de textiles pour un total de $1,322 milliards.

Le pays a vendu la majorité du coton de  la saison en cours à des acheteurs de la Chine, du Bangladesh, de la Russie, de la Corée du Sud,  de Singapour, du Pakistan et  de l'Iran.

Pour sa douzième édition,  la foire a accueilli plus de 700 entreprises de 44 pays.

HUILE DE PALME

Alors que les cours de l’huile de palme ont terminé vendredi en hausse de 3,9%, ils ont encore progressé en début de semaine enregistrant lundi leur plus forte hausse quotidienne en deux mois suivant la hausse de l’huile de soja sur le Chicago Board of Trade et le Dalian Commodiy Exchange en Chine. Grimpant encore mardi à un plus haut de deux ans et demi avec de chuter brutalement à 2717 ringgits ($653) la tonne avec des inquiétudes sur la demande et le ralentissement des exportations. Selon SGS, les exportations de Malaisie ont reculé de 5 à 6% sur  la première moitié d'octobre.

RIZ

Les prix du riz vietnamien ont augmenté à leur plus haut en sept semaines impulsés par  la demande chinoise et  la perturbation de la production dans le delta du Mékong dans le sud du Vietnam en raison de la pluie, tandis que les prix du riz thaïlandais sont en retrait après une brève hausse la semaine dernière.

Le Viet 5% a augmenté à $350- $355 la tonne contre $345- $350 la semaine dernière. Une hausse qui place le riz vietnamien au-dessus de riz thaïlandais pour la première fois depuis le 9 mars. À 355 $, le riz vietnamien était à son plus haut niveau depuis le 31 août. Le Thaï 5% a chuté à $350- $354 la  tonne contre $355- $372 la semaine dernière.

En Inde, les prix ont légèrement augmenté  avec une reprise de la demande en l'Afrique et une roupie forte. L’Inde 5% étuvé a pris  $2  la tonne cette semaine à $367-$377 la tonne.

Les importations de riz de la Chine devraient tomber à 6,8 millions de tonnes (Mt) en 2016 contre de 7,1 Mt en 2015,  selon le dernier rapport (octobre) de la FAO. L’organisation des Nations unies a aussi révisé à la baisse ses prévisions de d’exportation de riz du Vietnam à 7,2 Mt en 2016 contre 8 Mt prévues en Juillet. Les volumes d'exportation de l'Inde à 10 Mt et la Thaïlande à 9,9 Mt ont été maintenus inchangés.

SUCRE

Rien de très neuf sur le marché du sucre si ce n'est que le roux continue à osciller d'un côté et de l'autre des 23 cents la livre sur le marché à terme de New York.  Ceci dit, il a clôturé hier en baisse par rapport à la veille sur le marché à terme de New York, à 22,05 cents la livre sur l'échéance mars, et par rapport à sa clôture de vendredi dernier (22,91 cents la livre). Le sucre blanc, côté à Londres, a terminé, quant à lui, à $ 594,10 la tonne quasiment inchangé par rapport aux $ 593,60 à la clôture vendredi dernier.

En Inde, dans l'Etat de Maharashtra, le plus important du pays en matière de production sucrière, les raffineries se sont vues autoriser à démarrer leurs opérations dès le 5 novembre, soit un mois en avance par rapport à la date initialement fixée, a souligné un responsable gouvernemental à Reuters. Rappelons que lors du Kingsman Asia Sugar Conference, Kelvin Chow de Rabobank Singapour avait estimé que la production indienne chuterait à 23,3 Mt en 2016/17 alors que sa demande serait de 25,6 Mt, ce qui impliquerait que le pays devra importer 2 Mt, le double de ce qu'estimait le trader Louis Dreyfus Commodities. Pour la première fois en 7 ans, la consommation en Inde dépasserait la production.

Au Brésil, la récolte de canne à sucre devrait être en baisse durant la prochaine campagne 2017/18 (la récolte démarre en avril) dans la principale ceinture de culture, dans le Centre-Sud, selon Unica. Pour sa part, Datagro a annoncé lundi ses prévisions pour la prochaine campagne, de l'ordre de 580 à 610 millions de tonnes de canne tandis qu'Unica avance le chiffre de 605 Mt.

 

 

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