11 mars 2021 - 20:59 |

L’Afrique de l’Ouest importe toujours majoritairement du sucre roux

L’Afrique et le Moyen-Orient sont des régions structurellement déficitaires en sucre, de l’ordre de plus de 17 millions de tonnes (Mt) par an, et des zones à fort potentiel. En effet, en Afrique sub-saharienne, la consommation de sucre par habitant est très en dessous de la moyenne mondiale qui se situe à 23 kilos par an. Elle n’est que de 10 kilos par an et par habitant en Afrique de l’Ouest, le potentiel de consommation est là d’autant plus que la croissance démographique est élevée. Sur les dix prochaines années, la consommation en Afrique sub-saharienne devrait être augmentée de 4,3 Mt qui s’ajoute au 14,5 Mt consommées en 2020, estime Karim Salomon, responsable analyse marché de Wilmar International lors de la quatrième édition de la Conférence internationale du sucre, organisée par l’Association professionnelle sucrière (APS) et l’Organisation internationale du sucre (OIS), hier à Casablanca au Maroc en format hybride sur le thème « Secteur sucrier mondial :quels chemins de croissance ? ».

D’ores et déjà, l’Afrique et le Moyen-Orient ont importé pour 23,9 Mt de sucre en 2019/20 -dont 9,3 Mt pour l’Afrique sub-saharienne- ce qui représentent 38% du commerce mondial du sucre.

Mais une différence notable existe entre la zone Mena (Moyen-Orient et Afrique du Nord) et l’Afrique sub-saharienne (ASS). Dans la zone Mena, les importations sont majoritairement – 70%- constituées de sucre roux tandis qu’en ASS, à l’exception de l’Afrique du Sud et du Nigeria, les importations sont composées de sucre blanc. En Afrique du Nord et au Moyen Orient, les importations de sucre roux ont triplé sur les douze dernières années avec en parallèle l’accroissement des capacités de raffinage, qui se situent entre 13 et 14 Mt. En Afrique l’Ouest, à l’exception du Nigeria avec trois raffineries dont la plus importante est la Dangote Sugar Raefineray les pays importent du sucre blanc.

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L'ASS et la zone Mena ont des capacités limitées dans la production de cannes ou de betteraves compte tenu des conditions météorologiques et des investissements nécessaires, notamment en irrigation. En revanche, souligne Karim Salomon, "le raffinage est tout à fait adapté et en ligne avec le déficit de la région d’autant plus que les flux de sucre de l’Union européenne sur l’Afrique deviennent de plus en plus marginaux". Ajoutant que « Le rôle des raffineries à destination, qui importent du sucre roux et réexporte du sucre blanc sur leur zone devient aujourd’hui crucial». Une opportunité qu’a saisi Cosumar au Maroc, qui aujourd’hui exporte entre 500 000 et 600 000 tonnes de sucre par an, en particulier à destination de l’Afrique de l’Ouest.

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